Á propos de transgenre

 

Transgenre
La transidentité est le fait d'avoir une identité de genre et/ou une expression de genre différente du sexe assigné; l'identité de la personne est transversale aux deux sexes. La transidentité est indépendante de l'orientation sexuelle, les personnes transidentitaires présentent toute la gamme de la sexualité (hétérosexualité, homosexualité, bisexualité, asexualité, etc.), mais certaines ressentent les étiquettes traditionnelles de l'orientation sexuelle inadéquates ou inapplicables à elles.

Les transidentités sont à distinguer des intersexuations qui désignent les personnes nées avec des caractéristiques génitales « qui ne correspondent pas aux notions binaires d'organes masculins ou féminins.

En 2015, le National Center for Transgender Equality a mené une étude sur la discrimination nationale des personnes transgenres. Sur les 27 715 personnes trans qui ont répondu au sondage, 21 % ont déclaré que le terme « queer » décrit le mieux leur orientation sexuelle, 18 % se sont qualifiées « pansexuelles », 16 % « gay », « lesbienne », ou « aimant le même genre », 15 % « hétérosexuelles », 14 % ont dit « bisexuelles », et 10 % se sont définies « asexuelles ».

En France, le nom commun « transidentité » tend à prévaloir sur d'autres termes.

Les distinctions entre les termes transgenre et transsexuel sont généralement fondées sur des distinctions entre le genre (psychologique, social) et le sexe (physique). Par conséquent, la transsexualité peut avoir davantage trait aux aspects physiques du sexe, tandis que les considérations transgenres sont davantage liées aux dispositions psychologiques du genre, ainsi que les attentes sociales qui peuvent accompagner un rôle de genre. Dans tous les cas, la Société française d'études et de prise en charge de la transidentité rappelle que cette condition ne doit pas être « psychiatrisée ».

Beaucoup de personnes transgenres préfèrent la désignation transgenre et rejettent le terme transsexuel. Par exemple, Christine Jorgensen a rejeté publiquement le terme transsexuel en 1979, et s'est identifiée trans-genre à la place, dans un journal, en disant : « gender doesn't have to do with bed partners, it has to do with identity ». Ce qui renvoie à la préoccupation que transsexuel implique quelque chose à voir avec la sexualité, alors que c'est l'identité de genre dont il est question. Certaines personnes transsexuelles, cependant, rejettent le fait d'être incluses dans le parapluie transgenre.

Les personnes qui ne sont pas transidentitaires sont appelées cisgenre.

Histoire et évolutions terminologiques

Un transgenre apparent nommé Héliogabale a été empereur romain de 218 à 222. Diverses culture ancestrales ont eu des rôles sociaux et des cérémonies traditionnelles pour des personnes n'entrant pas dans le système binaire des rôles de genre puisque ces derniers pouvaient différer largement d'une tribu à l'autre. Un statut moderne, connu sous le nom de deux-esprits, a émergé parmi les amérindiens ces dernières années; cette société ayant un système de genre ternaire, voire quaternaire. Certains chefs de guerre indiens fameux (et craints des envahisseurs Blancs) étaient des personnes qui seraient aujourd'hui définies comme des « hommes trans ».


Origine et utilisation de « transsexuel »

Les termes transsexualism et transsexual ont été introduits en Angleterre, en 1949 et 1950 par David Oliver Cauldwellnote; il semble être le premier à utiliser le terme pour se référer aux personnes qui désirent un changement sexuel physiologique, qui a par la suite été popularisé par Harry Benjamin en 1966; à la même époque, transgender a été inventé et a commencé à être popularisé.

L'identité de genre pourrait être définie comme la conviction intime pour un être humain d'appartenir à un genre, indépendamment de son sexe assigné à la naissance. Pour une grande partie de la population, l'identité de genre d'une personne est en conformité avec le sexe assigné, basé sur ses organes génitaux internes et externes ; ces personnes sont dites « cisgenres ». Chez les personnes transgenres, l'identité de genre ne correspond pas aux aspects attendus avec leur sexe assigné à la naissance.

Depuis les années 1990, transsexuel a été généralement utilisé pour décrire un groupe de personnes transgenres qui a le désir d'effectuer la transition de genre auquel il s'identifie, de façon permanente, et qui demandent une assistance médicale.

Les termes « dysphorie de genre » et « troubles de l'identité de genre » n'ont pas été utilisés jusque dans les années 1970 quand Laub et Fisk ont publié plusieurs travaux sur le transsexualisme en utilisant ces termes.

La transsexualité ou le transsexualisme sont souvent définis comme des sous-catégories du terme générique « transgenre ». Cependant, certaines personnes transsexuelles rejettent l'étiquette « transgenre ». Le terme « transsexualité » est parfois compris ou amalgamé dans le sens de l’orientation sexuelle ou d'un « comportement sexuel », or la sexualité des personnes trans n'est ni spécifique ni évolutive de manière sensible en cas de transition puisque la transidentité n'a aucune incidence sur les goûts ou les opinions d'un être humain.

De « transsexuel » à « transgenre »

Thomas Beatie à la marche des fiertés de Stockholm de 2011, connu dans les médias comme le premier « homme enceint », est un homme transgenre qui a eu trois enfants.

À partir des années 1990, transsexuel a progressivement été considéré comme un sous-ensemble du terme générique transgenre. La notion de « sexe anatomique » ne correspond pas nécessairement à la notion de sexe chromosomique. L'identité de sexe est jusqu'à présent définie par la présence de chromosomes XX ou XY, mais l'existence de personnes de sexe masculin et de caryotype XX ou de sexe féminin et de caryotype XY est connue depuis les années 2000 (voir : gène SRY).

Le terme transgenre est maintenant plus connu, et de nombreuses personnes préfèrent transgenre à transsexuel. C'est un terme générique incluant des personnes dont l'identité de genre diffère de leur sexe assigné : hommes trans, femmes trans, mais également des personnes dont l'identité de genre n'est ni exclusivement masculine, ni exclusivement féminine, par exemple des personnes genderqueer, bigenres, pangenres, genderfluid, ou agenres. D'autres définitions de transgénérisme incluent aussi des personnes appartenant à un troisième genre, ou la conceptualisation des personnes transgenres comme un troisième genre. Plus rarement, la définition de « transgenre » s'élargit de façon à inclure les personnes travesties, indépendamment de leur identité de genre.

Le terme transsexuel, cependant, continue d'être utilisé, et certaines personnes qui bénéficient de l'aide médicale (par exemple, la chirurgie de réattribution sexuelle) pour harmoniser leurs caractéristiques sexuelles avec leur identité de genre préfèrent transsexuel, et rejettent transgenre; en effet, ces personnes qui rejettent l'étiquette transgenre pour « transsexuelle », veulent souligner le fait que, bien qu'elles aient réalisé une chirurgie de réassignation sexuelle, donc que leur sexe anatomique a été modifié, leur identité de genre est toujours restée constante.

Historiquement, une des raisons pour lesquelles certaines personnes préfèrent transsexuel à transgenre est que la communauté médicale, dans les années 1950 et 1980, a encouragé cette distinction entre les termes, pour permettre l'accès, ou non, au traitement médical. D'autres personnes, s'identifiant transsexuelles, évoquent le fait que ceux qui ne cherchent pas à réaliser de chirurgie sont fondamentalement différents de ceux qui la souhaitent, et que ces deux catégories ont donc des préoccupations différentes mais ce point de vue est controversé; en effet, certains soutiennent que le fait de réaliser des procédures médicales n'est pas suffisant pour discerner ce qui en subissent et les autres, et ce pour différentes raisons, notamment celle de ne pas être en mesure de les payer ou encore pour la crainte que le terme transsexuel ne soit amalgamé avec la sexualité, quand il s'agit, en fait, d'identité de genre. Par exemple, Christine Jorgensen, la première personne largement connue pour avoir réalisé la chirurgie de réattribution sexuelle d'homme vers femme, a rejeté le terme « transsexuel » et s'est identifiée, à la place, comme « trans-genre ».

Les manuels pour professionnels de santé, journalistes et militants des groupes de défenses LGBT conseillent de se référer aux personnes, de la manière dont elles se définissent elles-mêmes (prénom et pronom), y compris pour évoquer leur présent et leur expérience passée. Les personnes trans recommandent également d'utiliser le terme « transgenre » comme un adjectif, et non comme un nom (par exemple, « Max est transgenre » ou « Max est un homme transgenre », et non « Max est un transgenre »).

Le terme shemale est une expression d'origine anglo-saxonne désignant le plus souvent, en français, des actrices pornographiques.

Situation actuelle dans la société

Dans 1 cas sur 2 500, l'identité de genre d'une personne, et son sexe assigné, sont en contraste si fort que la personne a entrepris une opération de réattribution de sexe ; il semble que les personnes non prises en charge soient environ 10 fois plus nombreuses, soit environ une personne sur 250. En outre, les personnes transgenres semblent 10 fois plus nombreuses que les personnes transsexuelles non prises en charge, soit environ une personne sur 25.

Une étude suédoise a estimé un ratio de 1,4:1 femmes trans par rapport aux hommes trans pour ceux qui demandent une chirurgie de réattribution sexuelle, et un ratio de 1:1 pour ceux qui en ont bénéficié.

Un effort pour quantifier la population a donné une « estimation approximative » que 0,3 pourcent des adultes aux États-Unis (1 pour 300) sont transgenres, en sachant qu'environ 3,5 pourcent des adultes américains (1 pour 30) s'identifient LGBT. Des études plus récentes réalisées en 2016 estiment que la proportion d'Américains qui s'identifie transgenre varie de 0,5 % à 6 %. Cela reviendrait à un nombre total d'approximativement 1,4 million d'adultes (en 2016).

Un rapport du Conseil de l'Europe estime à une personne sur 500 les personnes concernées par la transidentité.

Les estimations de la prévalence des personnes trans sont très dépendantes des définitions utilisées dans les études, les taux varient selon les ordres de grandeur. L'estimation de prévalence la plus souvent citée vient de l'Amsterdam Gender Dysphoria Clinic; pendant plus de quatre décennies, la clinique a traité, approximativement, 95 % des clients transsexuels hollandais, et suggère une prévalence de 1:10 000, parmi les personnes assignées homme, et 1:30 000 parmi les personnes assignées femme. Aux États-Unis, le DSM-IV (1994) évoque approximativement 1 personne assignée homme pour 30 000, et 1 personne assignée femme pour 100 000, qui cherchent une chirurgie de réattribution sexuelle. Bien qu'aucune étude directe sur la prévalence de la dysphorie de genre n'ait été fait, une variété de papiers cliniques publiés au cours des 20 dernières années, fournissent des estimations allant de 1:7 400 à 1:42 000 pour les hommes assignés, et de 1:30 040 à 1:104 000 pour les femmes assignées. Une étude de 2008, sur le nombre de détenteurs d'un passeport néo-zélandais, qui ont changé le sexe sur leur passeport, estime que 1:3 639 personne assignée homme, et 1:22 714 personne assignée femme étaient transsexuelles.

La plus récente revue systématique de prévalence qui date de 2016, conduisant à une méta-analyse de 27 études, a trouvé des estimations, pour une population de 100 000, de 9,2 (95 % CI = 4,9–13,6) pour le traitement hormonal ou l'opération, et de 6,8 (95 % CI = 4,6–9,1) pour les diagnostics liés au à la transidentité. Dans des études évaluant l'identité transgenre auto-déclarée, la prévalence était de 871 (95 % CI = 519–1,224) ; cependant, ce résultat a été influencé par une étude aux valeurs aberrantes. Après le retrait de cette étude, le chiffre est tombé à 355 (95 % CI = 144–566). Une hétérogénéité importante a été observée dans la plupart des analyses.

Olyslager et Conway ont présenté un papier au WPATH 20th International Symposium (2007) faisant valoir que les données de leur propre étude, ainsi que d'autres, impliquaient effectivement une prévalence beaucoup plus élevée, avec des limites minimales inférieures de 1:4 500 femmes trans, et 1:8 000 hommes trans, pour un certain nombre de pays dans le monde entier. Ils estiment le nombre de femmes trans en phase post-opératoire, aux États-Unis, à 32 000 et obtiennent un chiffre de 1:2 500 femmes trans. Ils comparent, en outre, le taux annuel de la chirurgie de réattribution sexuelle avec la naissance des hommes aux États-Unis, et obtiennent un chiffre de 1:1 000 femmes trans, et suggèrent une prévalence de 1:500 extrapolée à partir de la hausse de la CRS aux États-Unis, et de l'estimation du nombre de personnes transsexuelles non diagnostiquées. Olyslager et Conway ont également fait valoir que la population des personnes assignées homme, aux États-Unis, et ayant déjà subi une intervention chirurgicale par l'un des trois chirurgiens américains les plus réputés pour la médecine transgenre, était suffisant pour tenir compte de l'ensemble de la population transsexuelle impliquée par la prévalence 1:10 000, mais cela exclut tous les autres chirurgiens effectuant la CRS aux États-Unis, ainsi que les chirurgiens d'autres pays, tels que la Thaïlande, le Canada, et d'autres, et la proportion élevée de personnes transsexuelles qui n'ont pas encore cherché de traitement, ce qui suggère que la prévalence de 1:10 000 est trop faible.

Une étude suédoise a estimé un ratio de 1,4:1 femme trans par rapport aux hommes trans, pour ceux qui demandaient une chirurgie, et un ratio de 1:1 pour ceux qui l'avaient réalisée.